Accéder au contenu principal

Procès Derek Chauvin: deux secouristes confirment que George Floyd était mort à leur arrivée

 Procès Derek Chauvin: deux secouristes confirment que George Floyd était mort à leur arrivée


Après les témoins oculaires du drame, la veille, deux ambulanciers et la compagne de George Floyd ont livré leur témoignage, jeudi 1er avril, à Minneapolis. Enjeu principal de cette quatrième journée d'audience : déterminer quand et comment il est mort. C’est sur ces deux questions cruciales que les douze jurés vont devoir décider de la culpabilité ou non de l'ex-policier Derek Chauvin dans le meurtre de l’Afro-Américain.


L'un des moments forts de cette journée a été le témoignage des deux ambulanciers qui sont intervenus pour amener George Floyd à l’hôpital. Tous deux ont confirmé qu'il était déjà mort à leur arrivée. Mort, disent-ils, alors qu’il était encore menotté et immobilisé sous le genou de Derek Chauvin.


Lorsque l’ambulance arrive sur les lieux, les trois policiers sont agenouillés sur le corps inerte de George Floyd. Un secouriste prend le pouls de l’Afro-Américain, mais ne détecte aucune pulsation. Pourtant Derek Chauvin maintient son genou sur son cou pendant encore trois longues minutes. La défense voulait démontrer que George Floyd était mort dans l’ambulance et pas sous le genou de l’ex-policier. Une version réfutée par l’ambulancier. « Quand je suis arrivé, il était décédé, affirme Derek Smith. Quand je l’ai déposé à l’hôpital, il était toujours en arrêt cardiaque. »


« Quand Monsieur Floyd n'opposait plus aucune résistance, les agents auraient pu cesser de le maintenir »

Appelé en renfort sur les lieux, le supérieur de Derek Chauvin a témoigné à son tour. À plusieurs reprises, l’avocat de Derek Chauvin a essayé de l'empêcher de s’exprimer. Il a soulevé plusieurs objections, notamment lorsque l'accusation a demandé à David Ploeger, 27 ans d'expérience, s'il pensait que les agents auraient dû relâcher plus tôt leur pression sur George Floyd. Sa réponse a été sans appel. « Quand Monsieur Floyd n'opposait plus aucune résistance, les agents auraient pu cesser de le maintenir », a déclaré David Ploeger.


Tout juste retraité de la police, c’est lui qui avait lancé une enquête interne après la mort de George Floyd. D’après lui, Derek Chauvin qui a maintenu son genou sur le cou de l’Afro-Américain, même après l’évanouissement de ce dernier, plaqué au sol et menotté, a tardé à reporter les faits à son supérieur. David Ploeger avait en fait été alerté par l’appel d’un agent inquiet qui observait la scène sur une caméra de surveillance.


Addiction aux opioïdes

Autre moment clé, le témoignage de la compagne éplorée de George Floyd, Courtney Ross, l’humanise, le dépeint en père aimant et en homme de foi, mais raconte aussi leur addiction aux opioïdes. « C’est une histoire d’addiction aux opiacés classique, comme tant d’autres personnes, raconte-t-elle. On souffrait tous les deux de douleurs chroniques. Moi dans le cou, lui dans le dos. On avait tous les deux des prescriptions médicales. Et on est devenus addict. On a vraiment essayé dur de nous en sortir. » 


Une histoire classique qui s’est terminée en mars par un séjour à l’hôpital pour overdose. Sa compagne a confirmé que George Floyd continuait de consommer des drogues les jours précédant son interpellation, mais il était très sportif, dit-elle, sans aucun problème de respiration.


La défense tente de prouver que ces opioïdes sont la vraie cause du décès de George Floyd. Son autopsie confirme en effet la présence de drogues dans son sang, mais conclut surtout à un homicide par étouffement. 


Le procès de Derek Chauvin, accusé de « meurtre au second degré, doit durer jusqu'à la fin avril. Le verdict sera rendu dans la foulée. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Côte d’Ivoire: scandale après la diffusion à la télé d’une séquence sur la «démonstration» d'un viol

  Côte d’Ivoire: scandale après la diffusion à la télé d’une séquence sur la «démonstration» d'un viol Une émission télévisée, diffusée lundi 30 août, provoque un véritable tollé, notamment sur les réseaux sociaux. Dans « La télé d’ici vacances » de la chaîne NCI, un talkshow au ton habituellement léger, l’animateur Yves de Mbella a reçu, comme invité, un homme présenté comme un « violeur repenti » et lui a fait faire une « démonstration » de viol sur un mannequin. « Est-ce que tu peux nous montrer comment tu faisais tes viols ? », dit l’animateur Yves de Mbella. Sur le plateau, l’homme présenté comme un violeur repenti est invité à monter sur une estrade et à simuler une agression et un viol sur un mannequin. L’homme s’exécute sous les applaudissements et les commentaires de l’animateur : « Viens avec moi (applaudissements). Voilà une go, comment tu fais, tu l’attaques de devant ou de derrière ? Va, montre-nous comment tu faisais. » L'agression mimée Le violeur repenti mime al...

Côte d’Ivoire: l’affaire de la NCI relance le débat sur la culture du viol

  Côte d’Ivoire: l’affaire de la NCI relance le débat sur la culture du viol En Côte d’Ivoire, une émission de télévision diffusée en direct il y a trois jours a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. L’animateur de la chaîne privée NCI avait invité un ancien détenu, condamné pour viol, à faire une démonstration d’une agression sexuelle sur un mannequin en plastique, accompagnée par les rires et les applaudissements de l’animateur et du public. Mercredi 1er septembre, Yves de Mbella a été condamné à une peine de prison avec sursis de 12 mois et une amende de 3 000 euros. Une victoire pour les associations ivoiriennes de lutte pour les droits des femmes qui se battent intensivement ces dernières années contre la culture du viol.

Mali: Issa Kaou N'Djim libéré provisoirement et révoqué du CNT La détention d'Issa Kaou N'Djim a été suspendue mardi 9 novembre. Il a retrouvé la liberté, mais a été révoqué de son poste de vice-président du CNT. La libération d’Issa Kaou N'Djim était très attendue depuis plus d’une semaine et la demande officielle du CNT. C’est finalement ce mardi 9 novembre que son avocat, maître Kassou Ntapo, a été convoqué au tribunal : « Kaou N'Djim a été 'extrait' et vers 17 heures, le tribunal a ordonné la suspension de sa détention et levé le mandat de dépôt qui avait été délivré par le procureur. Donc il a été libéré en conséquence en début de soirée… » Dans la foulée de cette libération, le procureur Idrissa Touré a rappelé sur les antennes de la télévision nationale qu’elle était provisoire. Jugé pour trouble à l’ordre public, Issa Kaou N'Djim attend, en effet, la décision de la justice. Et c’est en milieu de soirée qu’il a donc appris qu’il n’était plus vice-président du CNT, révoqué donc, par le président de la transition Assimi Goïta. Maître Kassoum Tapo estime que la présomption d’innocence n’est pas respectée : « Je crois que c’est une décision d’opportunité, le président l’a nommé et je ne sais sur quels critères, il l’a révoqué… Et en tout cas, c’est en contradiction avec un principe sacro saint élémentaire, la présomption d’innocence. Cela préjuge du fond de l’affaire ». Le jugement de l’affaire Issa Kaou N'Djim, qui n’a donc plus de fonction au sein du Conseil national de transition, doit être rendu le 3 décembre prochain. Le quatrième vice-président du CNT, organe législatif de la transition, a été jugé vendredi 31 octobre pour « troubles à l’ordre public », après avoir critiqué la gestion du Premier ministre Choguel Maïga. Le parquet avait requis trois mois de prison.

  Mali: Issa Kaou N'Djim libéré provisoirement et révoqué du CNT La détention d'Issa Kaou N'Djim a été suspendue mardi 9 novembre. Il a retrouvé la liberté, mais a été révoqué de son poste de vice-président du CNT.  La libération d’Issa Kaou N'Djim était très attendue depuis plus d’une semaine et la demande officielle du CNT. C’est finalement ce mardi 9 novembre que son avocat, maître Kassou Ntapo, a été convoqué au tribunal : « Kaou N'Djim a été 'extrait' et vers 17 heures, le tribunal a ordonné la suspension de sa détention et levé le mandat de dépôt qui avait été délivré par le procureur. Donc il a été libéré en conséquence en début de soirée… » Dans la foulée de cette libération, le procureur Idrissa Touré a rappelé sur les antennes de la télévision nationale qu’elle était provisoire. Jugé pour trouble à l’ordre public, Issa Kaou N'Djim attend, en effet, la décision de la justice. Et c’est en milieu de soirée qu’il a donc appris qu’il n’était plus vi...