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Pour Joe Biden, Vladimir Poutine «est un tueur» et il «en paiera le prix»

 Pour Joe Biden, Vladimir Poutine «est un tueur» et il «en paiera le prix»


Lors d’une interview diffusée mercredi 17 mars par la chaîne américaine ABC, le président Joe Biden a dit penser que son homologue russe Vladimir Poutine est « un tueur », en promettant qu’il en paierait « le prix ». Des commentaires que la Russie n’a pas appréciés, au lendemain de nouvelles accusations d’interférences russes dans les élections américaines. Le président de la Chambre basse du Parlement à Moscou a notamment évoqué une « insulte » contre son pays.


« Vladimir Poutine a tenté d’interférer dans les élections, il a soutenu Donald Trump », entame le journaliste vedette d’ABC, George Stephanopoulos, en évoquant les déclarations du directeur de la Sécurité nationale, avant d’interroger : « Quel prix doit-il payer ? » « Il payera un prix », répond le président américain Joe Biden, qui ajoute : « Je le connais relativement bien », rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet.


Le journaliste le relance : « Vous avez dit qu’il n’avait pas d’âme » Le président répond : « Oui, j’ai dit cela. J’étais seul avec lui dans son bureau et c’est venu comme cela. Le président Bush avait dit qu'il l'avait regardé dans les yeux et qu’il y avait vu une âme. J’ai dit : "Je vous regarde dans les yeux et je ne pense pas que vous ayez une âme". Il m’a répondu : "On se comprend". »


Le journaliste reprend : « Donc vous connaissez Vladimir Poutine. Vous pensez que c’est un tueur ? « Oui, je le pense », lui répond le président. Et le journaliste insiste : « donc quel prix doit-il payer ? » « Vous le verrez bientôt », élude le président.


Joe Biden n'a pas précisé s'il pensait à l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny en août, imputé par le renseignement américain à Moscou. L'opposant a été incarcéré à son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, et Washington exige sa libération.


En réponse à l’empoisonnement, les Américains ont déjà sanctionné début mars sept hauts responsables russes. « Nous avons eu une longue conversation lui et moi, a expliqué le dirigeant démocrate. Au début de la conversation, je lui ai dit : "Je vous connais et vous me connaissez, si j'en viens à la conclusion que vous avez fait cela, soyez prêt" pour les conséquences », a-t-il rapporté, sans préciser à quoi il faisait allusion exactement.


Joe Biden veut toutefois « travailler » avec les Russes

Le président Biden affiche depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier une grande fermeté à l'égard du maître du Kremlin, par opposition avec la bienveillance souvent reprochée à son prédécesseur Donald Trump jusque dans son camp républicain.


Joe Biden a toutefois réaffirmé qu'il voulait pouvoir « travailler » avec les Russes « quand c'est dans notre intérêt commun », à l'instar de la prolongation de l'accord de désarmement nucléaire New Start décidée peu après son arrivée au pouvoir.


« Attaque contre » la Russie

Mais ses commentaires n’ont pas été appréciés à Moscou.  Dans une première réaction d'un responsable russe de haut rang, le président de la Chambre basse du Parlement et proche de Vladimir Poutine a dénoncé « de l'hystérie due à de l'impuissance ». « Poutine est notre président et une attaque contre lui, c'est une attaque contre notre pays », a écrit sur son compte Telegram Viatcheslav Volodine. « Avec ses déclarations, Biden a insulté les citoyens de notre pays », a ajouté celui qui fut le numéro deux de l'administration présidentielle russe entre 2011 et 2016.


Nouvelles ingérences russes lors des élections de 2020

Le renseignement américain est aussi en train de mener un examen de différents autres faits dont les États-Unis ont déjà ouvertement soupçonné à la Russie, dont une récente cyberattaque géante et le versement de primes à des talibans pour qu'ils tuent des soldats américains en Afghanistan.


Dans un tout nouveau rapport, les autorités américaines ont par ailleurs accusé « des acteurs liés au gouvernement russe » de nouvelles ingérences électorales en 2020, après celles de 2016. Vladimir Poutine « en paiera les conséquences », a également dit Joe Biden à ce sujet.


La Russie a également dénoncé mercredi 17 mars les accusations d'ingérence électorales. Ce rapport est « incorrect, tout à fait sans fondement et sans preuves », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « La Russie ne s'est pas ingérée dans les élections précédentes » de 2016 ayant abouti à la victoire de Donald Trump « et elle ne s'est pas ingérée dans les élections de 2020 » remportées par Joe Biden, a-t-il assuré. Selon lui, ce rapport est un « prétexte pour remettre à l'ordre du jour la question de nouvelles sanctions » contre la Russie.


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